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La Voie Initiatique de la Dame à la Licorne

Article d'Emmanuel-Yves Monin
paru dans la revue "Rebis" 1987 (N°11)

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Qui pénètre le Mythe de la Vierge et de la Licorne, ces deux images fondamentales de notre patrimoine, se trouve confronté à des « scènes » que le mental ne peut interpréter, un même rôle y étant souvent joué par des protagonistes opposés, chacun démentant les évidences proposées par l'autre !

Ainsi :

1 .La Licorne ne peut être apprivoisée que par une Vierge.

2. La Licorne peut être domptée par l'Homme ou la Femme Sauvages.

1. La Vierge peut se trouver entre deux Licornes.

2. Il n'y a pas deux Licornes sur une même Terre.

1. La Licorne peut être tuée, mais elle renaît.

2. La Licorne ne peut être maintenue en captivité sans mourir.

Art, Image et Vérité

L'Art indique la Voie de l'Absolu, la possibilité de réintégration dans l'Universel, la « manière d'agir », « les principes de conduite », dit l'étymologie du mot. Son pastiche — produit du mental qui fait étiqueter « art », aujourd'hui, un peu n'importe quoi, donc tout, a priori — parodie ainsi le fait que « tout est guru » (Upanishads)... ; car oubliant que cela n'est vrai qu'à la longue, par la destruction des vérités cosmiques ou pour le seul vigilant à la recherche du message des signes, puisque la possibilité d'accouchement direct n'est pas donnée à un objet non-conscient (upaguru, en fait). La « charge » de l'objet d'Art (et l'Artiste véritable est également objet d'Art) diminue la longueur indéfinie de l'attente d'une réalisation par son intermédiaire : car c'est la mise en forme d'une Idée issue du Principe Originel sans désir humain de la recevoir et de la mettre en forme(1) ; elle transmet, par conséquent, cette Image, une des facettes de la Vérité, « la Vérité » étant « l'absence de dualité » (Karuna, Instruction du Verseur d'Eau).

Certes, objectera-t-on, l'expression même d'une Idée — l'Image tout comme le fait qu'il s'agisse d'une facette — établit encore le mental qui l'appréhende dans un codage binaire ; mais le dualisme inhérent à la manifestation ne doit pas être confondu avec la dualité séparative.

Au contraire, une possible unification de Tout est offerte par un juste binaire (analogie, synthèse) ; ce n'est pas la recherche mentale d'une synthèse et d'une analogie toujours également séparative et profane (chercheur, but, objet, motivation : quaternaire terrestre !), mais processus naturel approché par l'union des complémentaires (coagula) ou la réconciliation des opposés (solve) qui sont les deux seules possibles expressions justes, dans le relatif, d'une facette de la Vérité. N'oublions pas que Vérité se décrypte, par la Cabale Euphonique : « Vue de l'Unité de la Manifestation Terrestre » (VER-I-T), Unité que la Croix  croix-i-t re-présente. Ajoutons que ce codage binaire de toute expression (verbale, picturale, etc.), humaine est une approche, un avant-goût de cette unité (Ambi-gu-i-té), alors que la recherche issue du quaternaire des éléments de base, ou des trois plans (physique, émotionnel et mental), voire même du désir de synthèse que symbolise le E en Hiéroglyphie(2), entraine seulement le « D'E goût ». Pour cela, les « Mérites » ne peuvent être acquis que [dans la nature propre], dans le « Corps de la Loi » (Houei Neng) : Mère-I-T, et « n'ont rien à voir avec les pratiques apportant la félicité. ».

Images-clefs

Trop souvent, alors que l'éducation profane officielle maintient elle-même encore cette exigence de rigueur intellectuelle en faisant définir(3) les mots-clefs composant une phrase avant que de discuter sur elle, les « chercheurs de vérité » se soumettent à la mode de notions « spirituelles » et La Voie Initiatique de la Dame à la Licorne  Article d'Emmanuel-Yves Monin paru dans la revue de son vocabulaire sans consistance (qui ne confond idée et pensée, amour et désir, esprit et mental, initiation et réalisation, conscience et concept, religion et métaphysique, etc. ?) ; comment, d'une notion erronée, pourrait naître une explication ou une application justes ?

Définissons donc les Images rencontrées dans ce mythe par l'Etymologie... au sens étymologique du mot — science du vrai —, notant au passage qu'une Image Traditionnelle est, comme son nom l'indique, la manifestation de l'Unité (Imaginatio Vera de la scolastique) trans-mettant (trans-dit), densifiant l'Essence en Sens, le I en binaire et multiple — trans-en-dense ! L'imagination individuelle (phantasmatica) crée à partir d'elle, certes, mais des re-présentations (ré-créations !) déviées. Là est la différence entre Symbole et Caricature, Voie Courte et Voie Longue, Divin (d'I) et Diabolique (dia : en travers).

Nous rencontrons :

La Femme, la Dame, la Vierge.

L'Homme et la Femme Sauvages.

La Licorne.

L'Androgyne, la Divinité, l'Initiation.

« Femme » est le nom le plus noble qu'on peut attribuer à l'âme, beaucoup plus noble que celui de « vierge », dit Maître Eckhart expliquant :
« Que l'homme reçoive Dieu en lui est bien — dans cette réception se manifeste sa virginité. Mais que Dieu devienne fécond en lui est mieux. (...) Que l'âme dans un retour de gratitude fasse renaître Jésus dans le cœur paternel de Dieu, c'est l'affaire de la femme » (Sermons). Celui qui s'étonne de l'illogique prononciation et orthographe de  ce mot (dérivé de femina) conclut identiquement, par le « Jargon » , la « Langue des Oiseaux », le décryptant : Feu Ame.
Son synonyme « Dame » explique de même par des sons ce que les célèbres Tapisseries de la Dame à la Licorne transposent picturalement par le trinaire : Lion (Volonté, Mental), Licorne (Action Divine, Esprit), Dame (Réceptivité, Ame) et Lambsprinck par « Les philosophes vont répétant / Que la Forêt contient deux bêtes... La Forêt s'appellera Corps... / La Licorne c'est l'Esprit / Et le Cerf n'a pas d'autre nom que celui d'Ame »...

Mais la réceptivité de l'Ame a une double possibilité dans le phénoménal : les traditions(4) la situent dans le temporel entre les désirs des sens et l'écoute possible de l'âme intermédiaire (de l'âme cosmique). Est-elle séduite par les sens ? Elle n'est certes pas « une vierge qui est femme » ; or, « une âme libre qui n'est liée à aucun bon plaisir », est « aussi près de Dieu que de soi-même » et « porte beaucoup de fruits (...) : rien moins que Dieu lui-même (...). Du même terrain hors duquel le Père a mis au monde son Verbe Éternel, l'âme féconde enfante aussi avec lui ». (Maître Eckhart).

Cette « force » dans l'âme « qui ne touche ni le temps(5) ni la chair, jaillit de l'esprit et demeure dans l'esprit » ; mais encore faut-il que l'être soit vierge — c'est-à-dire « libre et exempt de toute impression étrangère, aussi libre que dans on n'était pas ». (Remarquons le parallèle entre Virgo, la Vierge et Virga, baguette souple, en latin.)

Nous retrouvons le conseil d'Ignace de Loyola, « Je dois me considérer comme un corps mort, qui n'a plus ni jugement ni volonté », la voie traditionnelle nommée extinction (fana), « nuit des sens » ou « renoncement » ; mais aussitôt se constate le fait que le désir de virginité comme la volonté de maintenir une virginité physique ou intérieure, n'est pas l'état de Virginité !

Vierge de toute notion est la Vierge – ni Vierge Folle, ni Vierge Sage — et, par conséquent, aucune vertu, aucune obligation ne peut s'appliquer à elle ou délimiter sa conduite (le « Fou Divin » du XVe siècle — Drukpa Kunley — dont les aventures ont été éditées en français (Albin Michel), incarne cet état) : c'est ce que traduit le soufi avec l'extinction de l'extinction (fanâ el – fanâi), l'hindou avec le détachement du détachement, la sagesse chinoise avec le non-attachement (woun-nien) — le chemin de la Virginité Réelle, dont la racine étymologique est VIR, la Force.

Nous retrouvons par là l'acception première de ce mot Vierge : « qui n'est pas attachée à quelqu'un »(6) et qui s'appliqua parfois à des prostituées sacrées ; quant à l'iconographie traditionnelle, ne la représente-t-elle pas chevelure libre, comme un faisceau d'antennes déployées et non « retenues » ?...

Comme se comprend alors la conduite des Déesses Primordiales ! Comme les actes terribles de Diane s'expliquent ! Comme les « colère sacrées » des Déesses, des Dieux, de Jésus chassant les marchands du Temple, la dureté de Dieu (pour Job, etc.) éclairent notre entendement ! et que le « Tu ne jugeras pas de crainte d'être jugé » se perçoit comme une clef pour « l'ouverture de l'Œuf  Alchimique » !

La transition est facile vers l'Homme et la Femme Sauvages. Qui ne les a vus, gravés si souvent sur les maisons médiévales (Levroux, Nice, etc.) et mémorisés par l'histoire, dans le Bal des Ardents ? Vêtus du poils, d'écailles ou de feuilles : Frères Feuillus (d'où Farfelus) — Druides — note Grasset d'Orcey dans ses Matériaux Cryptographiques (Allieu éd.), donc étymologiquement « Force et Sagesse » (R. Guénon), Fort et Connaissant (Dru-Idée) par la Langue des Oiseaux, ne figurent-ils pas le second aspect de la Vierge, dans le sens conservé au mot dans l'expression « forêt vierge » ?
La Voie Initiatique de la Dame à la Licorne  Article d'Emmanuel-Yves Monin paru dans la revue La mémoire niçoise, dans le vieux Nice, maintient aujourd'hui encore l'appellation de la demeure où ils sont peints : « la Maison des Vignes du Seigneur »(7) ! Ajoutons que la Vierge astrologique est surnommée la Vendangeuse, ce qui nous fait retrouver l'ivresse mystique des « fous de Dieu », le culte du Vin de Dionysos ou d'Omar Khayyam. Ils boivent « pour ne point te ressembler, ô toi, qui t'adores toi-même », et peuvent « connaître l'au-delà de l'ivresse en l'au-delà de moi ». « Les buveurs du petit matin / N'ont plus souci de la mosquée / Ni fol espoir du paradis. »

Ivresse, Ivraie, Virgene (IXe au XVe siècle), Virgo latin, Vérité, Virilité : tous ces mots d'identique racine exposent que la perception du Bien et du Mal, sans
La Voie Initiatique de la Dame à la Licorne  Article d'Emmanuel-Yves Monin paru dans la revue désir et sans condamnation de l'un ou de l'autre est l'Etat à accomplir, la seule « Vertu »(8) pour « domestiquer » la Licorne — c'est-à-dire l'établir en sa propre « maison », en son Corps, en surveillance de l'Ame Temporelle(9), comme la sculpture du Château de Raray le montre(10).

« Le Sauvage ne se mesure pas avec la Nature (...) mais pratique l'échange », lisons-nous dans Le Sauvage à la Mode (J. Baudrillard, Casterman) : une conclusion à partir de données très profanes, mais symptomatique et symbolique du réel de ce mythe !

Est-il besoin d'insister sur le concept imagé par la Licorne ?

Rappelons seulement quelques traductions :

Oiseau de l'Aube (Canseliet), Cerne – Lumière (voir Lucarne), Sel alchimique, Esprit, Liberté d'Action (Armoiries d'Écosse), Ornement de L'Unique, (Unic-orne en Langue des Oiseaux), Manifestation la plus élevée de Dieu-Énergie (in Message des Tapisseries...) Ange Gabriel, Christ (Honorius d'Autun, L. Germain), Annonciatrice de paix, Androgyne (Ki (mâle) Ling (femelle)) (H. Doré).

Les Tapisseries du Château de Verteuil, maintenant au Metropolitan Museum de New York, dites de la Chasse à la Licorne, évoquent une facette parallèle aux Êtres Sauvages, ce à quoi il fallait s'attendre, dans le perpétuel dédoublement et la binomenclature de tout ! C'est l'image du Chasseur.

La Dame est à l'écart ; la Licorne est tuée puis, une fois re-née, enchaînée. Nous concluons : mortification du Corps (vener les viandes donna vénerie : art de la Chasse), non respect de la Matière pour ces ennemis du hasard (chasseur : de captare : celui qui capture ; chasse-heur), là où le Sauvage mortifie les Concepts et les Lois. Deux « techniques » pour accueillir la Loi Divine (d'où vénérer) pour la laisser s'exprimer pour lui (le Chasseur et le Mythe de saint Hubert), à travers lui (le Sauvage — voir « les transes » (trans) identiques en d'autres sociétés et même le phénomène « quaker ») qui se ramènent à la méthode de la Vierge, pour qui et à travers qui, c'est-à-dire QUI incarne la Loi.

L'Androgyne initial

La Parama Hamsa Upanishad le révère, cet être vierge, Chasseur, Sauvage ou Dame qui « ne hait point et n'aime plus », « l'être de la condition originelle de l'Esprit (qui) ne distingue pas entre les bonnes et les mauvaises situations » (D. Kunley : Le Fou Divin) ; c'est « l'Homme Parfait », dit Maître Shitao (Propos sur la Peinture, Hermann, 1984) : il « est sans règles, ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas de règle, mais que sa règle est celle de l'absence de règles, ce qui constitue la règle suprême ». Cette « âme oublieuse » (Plotin : Ennéades) de toutes notions du « vêtement extérieur », c'est la Vierge — qui les a abandonnées — comme le Sauvage — qui les a re-naturées, réalisant que « même ce qui semble contre nature est, pour l'univers, conforme à la nature » (Plotin).

La voici donc véritablement Yin, réceptive, contemplative, intelligente, cosmique et non plus temporelle et de là acceptant le « jeu divin » (lila), le « jeu des enfants et le travail des femmes » (alchimie) de l'Esprit-Feu-Licorne-Christ-Yang, par le corps de l'être...

Et comment nommer alors cet état d'être, cet être en cet état, sinon, avec Maître Eckhart : « Vierge qui est femme » et « la Déesse souveraine qui pilote le tout » — « Principe du dur enfantement, elle (...) pousse le mâle vers la femelle et la femelle vers le mâle » (Parménide d'Élée) —, « Origine du Monde, (elle) qui n'a pas d'origine » (Hymnes à la Déesse, Le Soleil Noir éd., 1980)

Faut-il insister ?

« Quand notre esprit ne s'attache plus ni au bien ni au mal, nous devons veiller à ce qu'il ne demeure point dans un état d'inertie » conseille Houei Neng pour protéger l'être de la parodie de la Virginité : la Frigidité, la Passivité, l'Orgueil de n'être rien, de peur des conséquences.

La Voie Initiatique de la Dame à la Licorne  Article d'Emmanuel-Yves Monin paru dans la revue

Homme et Femme Sauvages, Vierge-Femme : une unique fonction, non une forme... et vouloir associer hermaphrodite ou ambivalence de sexualité et androgynie, déesse et apparence féminine (comme Dieu et corps masculin !), se demander si le culte des déesses précéda celui des dieux, c'est se perdre dans le labyrinthe du binaire extérieur ; alors que retrouver le « Feu-Ame » en ôtant les scories du Vieil Homme Mental qui en étouffe apparemment le Feu(11), c'est trouver « le Fil d'Ariane dans l'Art Labyrinthique des opposés » (Ch. De Bouvelles, 1509), la Corne de la Licorne identiquement en soi ; c'est percevoir le Fils de Dieu — dans le sens de « filiation » (Ibn Arabi), de Fil (Langue des Oiseaux), ce qui peut « se prévaloir de ce qui est universel (:) Intelligence » (Héraclite d'Éphèse), ce qui « lie à l'intérieur de toi » (Etymologie), qui « domine l'âme et en est le père » (Plotin, Ennéades).

Ne cherchons pas à le concevoir par le mental jamais vierge ou sauvage (mais conditionné, codifié), cet Androgyne Primordial ! Son ambiguïté le rend imprévisible. « Redoutable et bienfaisante » (Hymnes à la Déesse), cette Mère des Dieux « est incompréhensible pour l'intelligence cérébrale ; son état est cosmique » (Schwaller de Lubicz). L'Intelligence seule, permet de la com-prendre : c'est cela, au sens réel du terme, l'Initiation(12).

Le Mental peut l'approcher seulement. Ainsi saint Thomas (Évangile) : « Lorsque vous faites le 2 Un, afin de faire le mâle et la féminin en un seul pour que le mâle ne devienne mâle et le féminin ne devienne féminin »...

La Voie Initiatique de la Dame à la Licorne  Article d'Emmanuel-Yves Monin paru dans la revue

Voilà pourquoi cet Androgyne, exprimant l'Unité Originelle(13) par le dualisme de la manifestation a noms : Marie, Diane, Tanit, Isis, Aditi, Ishtar, Artemis (Mar-I-e, D'Iane, Tan-I.T, etc.) ; voilà pourquoi, rétablissant la Conscience de l'Unité du Tout dans son adorateur, il est « déité » (d'E.I.T.), Dévi (D'E.VI), etc.

Cet homme-femme (Androgyne)(14) a créé l'Univers en assumant la dualité androgyne de Shiva-Shakti (Hymnes) : le yin se manifeste (yang), tissage (yin-yang)(15), « travail de femmes » dit l'Alchimie(16). Il est Lune-reflétant-le-Soleil, « Devin de la Relativité comprenant l'Un dans le Multiple » (D. Kunley), « ramenant toute apparence à l'Esprit (   ) percevant l'Énergie Une dans son processus binaire de descente et de remontée » (Karuna. Verseur d'Eau).

Ainsi peut-Il se trouver, cet être, entre deux Licornes, aspect binaire du Principe (Esprit) manifesté ; Il n'en concevra jamais qu'une seule, éternelle (immortelle) que la captivité(17) transforme en une apparence morte (inanimée), ce qui ne peut être(18) (on la dira donc non mortelle).

« La nature non dualiste est appelée la vraie nature, c'est-à-dire immuablement identique, qui ne peut être contaminée par le mal, ni affectée par le bien. (   ) Le cas de ceux qui ont vu, face à face, (cette) nature propre (   ), c'est ce qui est appelé le pur corps de la loi de Bouddha » (Houei Neng).

Yves MONIN

La Voie Initiatique de la Dame à la Licorne  Article d'Emmanuel-Yves Monin paru dans la revue

L'auteur de cet article a notamment écrit L'Esotérisme du Petit Prince de Saint-Exupéry (Nizet, Paris, 1984) et Hiéroglyphes français et Langue des Oiseaux (Le Point d'Eau, 1982). C'est l'un des responsables de l'Association de Point D'Eau dont tous les livres peuvent être commandés à Pardès.

NOTES

(1) « Si l'on désire produire la beauté, c'est par indigence, c'est parce qu'on n'est pas satisfait » (Plotin, Ennéades, III)... donc pas même seulement un « Sage ». »

(2) Voir Hiéroglyphes français et Langue des Oiseaux (Emmanuel), Le Point d'Eau édit., 1982, pour plus de détails concernant la Cabale Euphonique, c'est-à-dire l'utilisation de la langue française (d'origine sacrée, grecque pelasge) pour la pénétration des concepts et leur dépassement en leur Source (anagogie).

(3) D'E finir : depuis les plans déviés de la Contre-Nature (E), atteindre la Fin Unitive.

(4) Voir un résumé dans Her-Bak (Schwaller de Lubicz, Flammarion).

(5) C'est le Temps lui-même (Zurvan), dans la mythologie mazdéenne, qui, androgyne, se divise en Adiki (Déesse Mère) et sa sœur Diki (Conscience Dualisante).

(6) Notons un attribut de la Déesse de la Mer des Esquimaux (Sedna), « celle qui n'a pas voulu se marier » et le qualificatif de Vierge de la Déesse Anat, malgré ses liens évidents avec son amant et frère Baal (Archeologia, septembre 1985).

(7) Rue de la Poissonnerie.

(8) L'Encyclopedia Britannica remarque que le dieu Virtus symbolisait seulement la « prouesse au combat » (le mot latin a le sens de force).

(9) La Cabale Euphonique donnera, comme opposé de Virgo : Ego. Notons aussi que par l'étymologie, Vir-go (gogo, tout de go, gober : réceptivité) « s'oppose » à Virago (a privatif – ago : pousser devant soi), mot conservé en français et l'un des attributs de Diane et Minerve, afin de préserver d'une fausse interprétation de la notion de virginité.

(10) La Porte de la Diane à la Licorne (Ile-de-France).

(11) Remarquons avec Maître Eckhart qu' « homme » vient de humus, la terre fertile. Les deux constituants de l'être, la Bible les nomme Argile et Souffle de Dieu, la Cabale Euphonique, par la hiéroglyphie, explique la différence  entre les deux substances (HOMME et FEMME) par F.E. (Feu est) et H.O. (a chaud) ; leur point commun, par M.M.E. (aime aimer), c'est-à-dire la Joie Suprême du Créateur, son Jeu Divin (« J'étais un Trésor Caché, J'ai aimé être connu », hadith du Prophète).  « Le Roi du Dharma » ne se trouve-t-il pas « à l'intérieur même de la maison qui brûle » ! (Houei Neng).

(12) Nous laissons vérifier par la Langue des Oiseaux : Vérité, Initié, Sérénité.

(13) La Source : fons ; d'où l'enfant (in fons), le Puer Eternus, son équivalent et « le Jeu d'Enfant » alchimique.

(14) Dans les « composés de mots » par deux substantifs (apiculteur, pathologie, etc.), le premier est instrument ou qualificatif, le second est « fonctionnel » : androgyne signifie « femme » manifestée par « l'homme », yin-yang du Taï Chi (ces mots étant des polarités, non des formes extérieures.

(15) Voir Le Symbolisme de la Croix, R. Guénon, Éd. Véga-Trédaniel.

(16) Le Jeu des Enfants est le Travail des Femmes, dit l'Alchimiste.

(17) Capte I vit T explique la Cabale Euphonique.

(18) D'où le sens réel de inanimé : animé à l'intérieur, quelles que soient les apparences extérieures!

La Voie Initiatique de la Dame à la Licorne  Article d'Emmanuel-Yves Monin paru dans la revue