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Notes de lecture : De la physique quantique à la dodécalogie

Article d'Emmanuel-Yves Monin
paru dans la revue "Arkologie fondamentale" n°19, décembre 1999

Très bien ! Tous les « chercheurs de vérité » véritablement ouverts comprennent désormais, par l'intermédiaire des découvertes scientifiques sur la constitution des atomes, que la matière n'est pas si « matérielle » qu'on le croit et que l'origine de la Terre n'est pas due à un big-bang temporel qui n'expliquerait d'ailleurs rien ultimement. Très bien !... Et tant pis si une telle compréhension ne se fait en eux que d'une manière souvent uniquement intellectuelle ; ils redécouvrent tout de même ainsi quelque peu ce que non seulement les êtres « éveillés » mais également quelques poètes « inspirés » décrivirent jadis de diverses manières, mais par un unique concept : Maya, illusion, rêve dans le rêve, songe...

Certes, suivant les pays, cette approche suprême de la réalité « objective » n'est ancrée que plus ou moins profondément dans cette frange du public ; depuis des années, par exemple, depuis, en fait, la théorie des Champs morphogénétiques de Sheldrake, les américains divulguent leurs théories iconoclastes à ce sujet, via quelques ouvrages scientifiques « vulgarisés » et des applications psycho-socio-culturelles, relayées, de plus, par Internet. Des revues d'« ésotérisme » à grands tirages, spécialement en Espagne, valorisent bien régulièrement, elles, les notions de physique quantique et diffusent le « paradigme holographique », répondant, par leur intermédiaire, aux questions éternelles de la philosophie... Pendant ce temps, a contrario, on se dispute encore, en d'autres pays, sur l'opposition entre la théorie de Darwin et l'absence d'« évolution » (la « fixité des espèces »).

Bon !... Mais maintenant que tous les « chercheurs de vérité » véritablement ouverts conçoivent et perçoivent l'identité de l'observateur et de la chose observée chère aux théories de Krishnamuti ou des exercices de Raja Yoga d'antan, remontant donc ainsi, d'aval en amont, le Fleuve de la Vie, il restait à reprendre le « phénomène » dans le sens opposé, d'amont en aval, de la Source à la Création-Manifestation : pour ne pas « angéliquement » oublier la « matière », les formes et les concepts... ; pour voir clair, ou aider à voir clair dans l'apparent chaos social, économique, culturel et surtout dans les imbroglios des existences individuelles.

Cette vision d'en haut, du point de vue de ce que certaines traditions nomment le Grand Architecte de l'Univers, le Créateur, etc. ..., un auteur, Emmanuel-Yves Monin, nous la propose dans son ouvrage « L'univers en Code-barres, Dodécalogie et Transdisciplinarité[1] » ; replaçant « sa » découverte dans l'histoire des idées, il nous rappelle, citations à l'appui, que ces lignes de force qui structurent toute manifestation furent connues et utilisées de tous temps par les Maîtres de toutes civilisations, aussi bien pour rectifier leur conduite et leur entourage que pour enseigner les lois d'une existence « juste » ou des créations matérielles. Chacun pourra s'en rendre compte, une fois intégrée cette structure universelle, ce code naturel, cette « logique simplissime » (p. 150) en retrouvant dans les discours du Bouddha, les Chants de Milarepa, les techniques initiatiques, ces éternels champs d'énergie bien nettement étiquetables qui les sous-tendent systématiquement.

Oui ! L'auteur traque partout et de la manière exhaustive les 12 lignes de forces de la Manifestation (la structure de l'ADN n'y est pas pour rien !) : en un premier temps, sous l'aspect de « pulsions vitales » en tout individu ; ce que les traditions nommèrent : « puissances cosmogoniques, influx spirituels, idées-force, verbes, anges, hénades, éons »... (p. 28). Il nous expose ensuite l'Existence émanée de ces Energies de base sous forme de très nombreux tableaux : défilent ainsi tous les concepts que contient le thème « Univers », puis les « outils » humains pour les appréhender : âme, intelligence, etc. ..., et les constructions mentales qui en découlent : buts, nécessités vitales, utopies, souhaits, raison de..., dévotion, valeurs, bonheur, peurs ; jusqu'à leurs prolongements les plus concrets : mentaux, avec chemin de Croix, Séphirots, Roue de Vie, Yi King, Tarots, etc. ... ou très matériels : activités quotidiennes, érotisme, thèmes de chansons, éléments d'un parc, ustensiles de cuisine, graffitis, etc. ...

Pour qui est familier du symbole de la Vouivre, cette « science » de Dodécalogie se révèle être la Maîtrise de ce Dragon, la domestication de l'Animal fabuleux ; pour qui préfère son appellation scientifique d'« Energie Tellurique », c'est le Tissage des « forces cosmiques » avec elle qui se dévoile alors : apparaissent à la conscience les directions, les directives, les créations, les jeux variés des ondes de forme de ces fameux et ultimes quantas sur lesquels bute le physicien.

Se dépassent ainsi les symbolismes de surface pour l'accès à une unique « réalité », au cerveau créateur, à cet observateur-ordinateur à la fois très simple et indéfiniment multiplicateur, à cet « hologramme » où le « principe d'incertitude » cesse de se manifester, la Manifestation suivant alors, en fait, la logique impeccable de la Création, de la « nature naturée » et de la « nature naturante »...

L'Unité du Tout, la non-séparativité de chaque soi-disant « particule », la « non-localité » des « frontières de la physique » (J. Staune), la connexion sans faille des processus dynamiques, des champs énergétiques continus : voilà ce que cette Dodécalogie permet de vérifier et d'utiliser alors pour transposer un centre d'intérêt dans un autre, un « monde » relatif, un plan de pensée en d'autres encore : Transdisciplinarité (chapitre V), c'est-à-dire « la perception de l'égalité de base de toutes choses » et la « mise en relation de quoi que ce soit avec quoi que ce soit ».

L'Univers se vérifie alors dans son Unité, pour notre unification et notre responsabilité d'unification par rapport à lui : c'est-à-dire notre accès au « haut intellect » (Guénon), à l'équilibre, voire au Réveil..., sinon à l'Eveil !

L'utilité de cette hyper-mentalisation, d'une telle perception par le haut intellect du fonctionnement du mental qu'il a lui-même créé pour la Manifestation (« paradigme hologrammique » par excellence !) est aussi variée que cette Manifestation ! Lorsque se vérifie pratiquement (et non plus seulement abstraitement) que « tout est dans tout », la possibilité d'une vision exhaustive de quoi que ce soit en tous ses éléments et ses symboles peut se révéler bénéfique, aussi bien pour disséquer un livre, une œuvre d'art afin d'écrire une thèse, que pour répondre entièrement à un problème, se souvenir d'un discours ou percevoir les limitations de ses constructions mentales, de celles des philosophies, des religions, des notions..., et les rectifier !

Mais, en ce qui concerne particulièrement les lecteurs de cette revue ?

Cette approche de la Réalité va permettre de redécouvrir que ces forces énergétiques qui y sont étudiées et valorisées pour des raisons pratiques tant de reconstruction « spirituelle » que d'élaborations techniques sont intimement connectées à leur source en tout individu et que leur appréhension conduit à un double bénéfice : d'intériorisation et d'extériorisation justes et harmoniques ; non point pour des théories bancales, mortifères, relatives et impermanentes, mais pour le retour à « l'un-sans-second » et sa pression inaliénante en « multiple-unitif »... Pour ce retour en nous...

Emmanuel-Yves Monin

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Notes:

[1] - Emmanuel-Yves Monin – Auto-édition, 1998.